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lundi 2 mars 2009

Portrait de Jelubir par Zaibaker

La rédaction tenait à réitérer ses avertissements concernant ce qui suit. Ce portrait acidulé est toujours tiré de faits réels plus ou moins arrangés, dirons-nous, à la sauce Zaïbaker (sauce très épicée du sud de l’Inde), à prendre évidemment au trente sixième degré, certains ne comprenant pas toujours l’humour pourri de la rédaction…

Etant donné que nous avons commencé le premier portrait de notre cher duc, il nous paraissait indispensable de parler de son fidèle opposant, j’ai nommé le sieur Jelubir.

Pourquoi Jelubir me direz-vous ? Et bien franchement, après 6 mois d’enquête, nous n’avions pas trouvé… Surement, pensions-nous à un jeu de mots en vieux françois mais lequel nous ne le savions pas, le père de Jelubir étant un fervent amateur de jeux de mots… je lu bir… jel ubir… non rien à faire, on ne trouvait pas. On avait simplement remarqué que l’on pouvait faire « bule » avec certaines lettres… Et pourtant la vérité était là, sous nos petits yeux incrédules et nous ne l’avions pas vue, en effet, suite à une source proche de l’enquête que nous ne citerons pas, nous apprîmes que dans la famille de Jelubir, il était de coutume de dire « j’avais lisé (javelliser) pire », grosse faute de français ma foi au lieu de « j’ai lu pire ». Alors pour éviter de renouveler à chaque fois, cette faute récurrente, le père de Jelu, qui parlait beaucoup du nez, décida d’appeler son fils Jélupir prononcé Jélubir avec le nez bouché, nom qui lui resta (nous ne voyons pas d’autre explication). Mais bon, revenons à nos moutons, on s’égare…

Né dans le pays des bubulles ou pas (nous n’avons pas pu savoir exactement), la Champagne, le petit Jelu a vu le jour en d’octobre, d’une mère chasseuse de trésor et dompteuse de lion, ce qui était plutôt rare dans le coin, faut bien l’avouer et d’un père, viticulteur, ce qui n’était pas rare du tout dans le coin faut bien l’avouer aussi, et ayant un fort penchant pour la boisson pétillante et les jeux de mots. Toute l’enfance du petit Jelu se passa paisiblement à cueillir du raisin, à mettre le précieux nectar en barriques et à essayer de soulever les jupes de ses petites copines pour voir ce qu’il s’y cachait dessous, peut-être un trésor…

Malheureusement et comme toujours dans cette période difficile qu’est le moyen âge, un jour de juin 1430, à peine âgé de 10 ans, ses parents lui avaient donné la responsabilité de s’occuper du petit poulailler que son père venait de construire pour avoir des œufs frais et faire des tartes au champagne. Ils étaient partis ainsi, confiants en la vie et en leur petit Jelu, au marché acheter une livre de tomates râpées. Mais la malchance frappa le petit Jelu qui bascula par-dessus le mur de clôture de la basse cour et tomba au milieu des volatiles qui l’attaquèrent sans vergogne le prenant pour un gros grain de maïs. Il est vrai, qu’à l’époque, il était plutôt rond et avait attrapé la jaunisse, d’où l’erreur des gallinacés, faut les comprendre, ce n’est pas malin ces pauvres bêtes. De ce jour, il garda une profonde horreur de tout ce qui est jaune avec des plumes et qui fait cot cot cot. (d’ailleurs comme messire le duc, on peut noter l’importance des traumatismes de l’enfance qui vous poursuivent jusqu’à la vie adulte).

Malgré cela, le petit Jelu dut apprendre à vivre éloigné de ces affreux volatiles et souvent encore des cauchemars le tourmentent… Jelu passa son adolescence tranquillement à boire des bubulles sans vergogne et un jour, on ne sait pourquoi, il décida de tout quitter pour aller vivre à Sancerre, il aurait paraît-il, eu connaissance de l’existence d’une source de vin blanc qui ne se tarissait pas. Hélas pour lui, ce n’était qu’une légende néanmoins, comme il se plaisait à Sancerre et qu’il s’y était fait de nombreux amis, il décida d’y rester (d’ailleurs à cette époque, il se présentait comme quelqu’un de flegmatique, ce qui pourrait susciter le rire quand on le connaît). Ceux-ci étaient nombreux, Lems, Icefly, Bragon, Maybee, Mentaïg, Ysabeau et HdB pour ne citer qu’eux, toutefois de très mauvaise fréquentation, toujours à rire, houspiller les jeunes, ayant un fort penchant pour l’alcool et haïssant les bisounours… D’ailleurs, souvent les soirs, ils organisaient des virées en ville pour « casser du bisounours » comme ils aimaient à le dire, armés de bâtons et d’épées, ne laissant aucune chance à leurs pauvres petites victimes innocentes… Mais ce n’était hélas, pas tout, puisqu’une fois bien implanté dans la vie sancerroise, le sieur Jelubir se mît à la tête d’un vaste réseau de trafiquants de bubulles, que l’on nommait l’ « élixir magique » pour ne pas éveiller les soupçons de la police. Il distribuait ainsi, sous la cape, moyennement une somme pécuniaire importante les précieuses bouteilles, devenant vite un instrument de contrôle sur les plus faibles sancerrois pour contrôler leur esprit et leur bourse. Toutes ses bouteilles étaient, bien sûr, fournies par son père contre une somme modique et lui donnant l’occasion de nombreuses virées en Champagne, Jelubir s’en mettant ainsi plein les fouilles, si je puis dire… La vie de Jelu était très controversée à cette période là…

Cela ne pouvait plus continuer, heureusement Dieu et ses saints étaient là pour redresser le tir, et c’est lors d’une retraite à Noirlac, en buvant un tonneau de poire qu’il vit apparaître sous ses yeux médusés le Saint Moët et Chandon (à moins que ce ne soit dû aux vapeurs d’alcool mais ça on ne le saura jamais) lui glissant ces quelques mots : « Jelu, arrête tes conneries bordel où je te transforme en poussin ». Jelubir tétanisé par ces mots, jura que l’on ne l’y prendrait plus à dealer de la bubulle et choisit le droit chemin, celui tout au fond à droite… C’est lors de ce même séjour à Noirlac qu’il fît la connaissance de la veuve Clicquot avec qui il eut une aventure et qu’il s’amusait à appeler la veuve clito mais ceci est une autre histoire…

Depuis ce jour, il vécut une vie de saint, irréprochable, bien sous tout rapport, allant animer la taverne du Havre par ses bons jeux de mots (et oui, il tenait ça de son père) et c’est là, qu’un bon soir du 7 janvier 1454 au havre (1455 pour ceux ne vivant pas dans le Berry), il fît la connaissance d’une jeune femme ravissante répondant au doux nom d’Aryan ou Dame Tourbillon comme vous préférez. Ni une, ni deux, il la fit valser, allez savoir pourquoi, sûrement pour l’étourdir, et elle ne put résister à son charme ravageur, depuis ils ne se quittèrent plus, fait l’un pour l’autre, rien ne pourrait plus les séparer.


Les jours passaient sereinement aux côtés de sa Douce, astiquant son fournil (oui je parle de fournil puisque Jelu était boulanger et pas d’autre chose bande de vicieux), jouant à la soule son sport préféré et s’amusant à affronter, lors de joutes verbales jusqu’à en être assoiffé, le Poussin Poilu qu’il abhorrait par-dessus tout, suite toujours à ce traumatisme de juin 1430… Ce qui fît sa renommée puisqu’il avait pour but absolu de combattre le mal où qu’il se trouve en maniant le verbe avec dextérité et humour, parfois, souvent même, emporté par ses ardeurs, il ne contrôle pas toujours ses mots, ni les maux et encore moins l’hémo mais c’est aussi pour ça que l’on apprécie le Maistre de l’école des Calés en Bourg…

Et oui, il ne faut pas oublier que Jelubir est aussi une tête de mule mais pas un mouton, ça non, c’est peut-être pour ça qu’il avait développé une passion pour les chevaux, en possédant deux, Fierorage (pourquoi ce nom, vraisemblablement, un signe qui montre qu’au fond, il soutient le FIER) et Alpage, lui permettant surtout d’aller plus vite en Champagne pour récupérer les bubulles… Effectivement, il n’a jamais décroché de sa dépendance pour l’alcool mais surtout pour l’élixir magique, allant jusqu’à créer l’ « Ordre du bouchon » permettant à ses membres (qui se comptent par milliers aujourd’hui à travers tout le royaume), en tout bien tout honneur désormais, d’apprendre la délicate ouverture de bouteille soumise à une forte pression…

Enfin et pour finir, depuis décembre 1456, il est le plus heureux des pères puisque Dame Tourbillon ne lui donna pas un enfant mais trois adorables petits lardons (c’était les promos alors fallait en profiter), Tristan, Gabrielle et Eolia qu’il s’apprête à emmener en voyage dans leur fabuleuse cariolardonmobile tout en leur apprenant de fabuleux jeux de mots (mais Jelu puisque je te dis qu’ils sont encore trop jeunes pour ça)…



dimanche 25 janvier 2009

Portrait de georges dict le poilu, duc du Berry par Zaibaker



Mise en garde : Attention, ce qui suit est tiré de faits réels (notre équipe a mené une longue enquête de plusieurs années pour amasser un maximum d’informations auparavant), plus ou moins exactes, à prendre au second degré voire troisième peut-être même quatrième alors ne voyez en rien là dedans une critique personnelle, ce n’est pas le genre de la maison. D’ailleurs, d’autres portraits sont à venir, ne vous tracassez pas !

Le premier portrait ne pouvait être que celui de la première personne du Berry, personne ô combien merveilleuse et qui fait tant pour nous, j’ai nommé le grand, le beau, le fort GeorgePoilu D’Aigurande. Je vous demanderai donc de l’applaudir tous bien fort. Merci pour lui !


Alors pourquoi Poilu me direz-vous ? Et c’est une très bonne question, je vous l’accorde. Il faut savoir que lors de sa naissance à Saint-Aignan, celui-ci était entièrement recouvert de poils des pieds à la tête ; Oui, oui, une vraie boule de poils que ses parents eurent du mal à reconnaître comme leur enfant mais bon, étant d’origine flamande et donc généreux par nature, ils décidèrent de le garder et de le nommer GeorgePoilu (George en hommage à un personnage de Saint-Aignan vivant dans la forêt et Poilu bin à cause des poils, je viens de le dire plus haut, faut suivre un peu).


Hélas, le malheur frappa très tôt le petit George ; la mort de ses parents commise par des brigands dont le nom de leur chef serait le joker (nom à confirmer cependant). Il se réfugia alors dans une grotte peuplée de chauve souris, jurant qu’il prendrait un jour sa revanche sur la vie, il y avait eu les poils et maintenant ça. Pendant plusieurs années, il erra alors de villes en villes, ressassant sa rancœur, se nourrissant de pommes de terre qu’il cuisinait sous forme de « frites » (seule spécialité que ses défunts parents lui avaient transmis), construisant des châteaux en frites et se voyant déjà en haut de l’affiche, en dix fois plus gros que n’importe qui, son nom s’étalerait, à la tête d’un vaste territoire. Il se voyait déjà adulé et riche signant des autographes aux admirateurs qui se bousculeraient.


Le Poilu a donc gardé de son enfance un certain goût du pouvoir, de la vengeance, et une certaine attirance pour les chauves-souris (allez savoir pourquoi, les poussins ce ne fût que bien plus tard).


Ayant marre de sa vie de vagabond, il décida finalement de s’installer à Saint-Aignan, seul endroit où les gens ne lui lançaient pas des pierres à cause de son apparence car ils avaient pitié de lui. Et oui, les gens de SA ont cette grande gentillesse qui fait qu’ils ne se méfient pas… C’est là-bas qu’il découvrit l’utilisation des lames de rasoir qui lui permirent de se présenter avec une apparence humaine devant la populace.

C’est à partir de là que Le Poilu apparût au grand jour, il fît de brillantes études en droit option mensonge professionnel. Il fût diplômé avec mention arracheur de dent et admis parmi les avocats du Dragon. Il occupa de nombreux postes à la mairie de Saint-Aignan : géographe, conseiller, responsable des latrines, responsable de la traite des vaches et de la dégustation du Saint-Vergeron…

En 1453, c’est la consécration ! Après avoir fait discrètement éliminé ses adversaires, il est élu maire de Saint-Aignan, les portes du pouvoir lui sont grandes ouvertes. Son plan est en marche, il va pouvoir devenir le maître du monde avec l’aide de son fidèle acolyte minus. Plus rien ne peut désormais l’arrêter. Il est plusieurs fois réélu maire pour devenir finalement en 1454 duc du Berry.

En même temps il fait la connaissance de sa future femme Jazzette qui lui donne un fils en cette année 1454, qu’il nomme Jean, heureusement pour lui bien moins poilu que son père… Il est ensuite réélu 5 fois au poste de duc avant de céder sa place à son épouse pour devenir maire de Bourges, la soif du pouvoir étant trop grande pour lui. Sa vie n’est plus alors qu’une succession de mandats de maire et de duc pendant les mois qui s’écoulent, la routine pour lui. Devant la lassitude du pouvoir (sa soif était-elle rassasiée ?), il sombre dans le jeu du ramponneau qui devient comme une drogue pour lui. Il va, le soir en cachette, y jouer beaucoup d’écus mais ne parvient pas à faire fortune comme il l’espérait, son adversaire un certain Patrick dit « Le Bruel » étant bien trop fort pour lui. Il dilapide ainsi une partie de sa fortune au détriment de son épouse qui le pousse à aller suivre une cure aux RA (Ramponnistes Anonymes) mais rien n’y fait il n’arrive pas à décrocher. Sa femme lui offre alors un poussin pour lui changer les idées, qu’il nommera « petit poilu » en souvenir de son enfance. De là, nait une grande histoire d’amour entre lui et les poussins velus. Hélas pour lui, les poussins sont souvent porteurs de maladie et sa femme, Jazzette, fut emportée par une étrange grippe en cette année 1456.

Pour se changer les idées et ayant toujours pour objectif de conquérir le monde avec ses fidèles alcooliques, pardon acolytes, il décida de se présenter à nouveau aux élections ducales en décembre.

Cultivant toujours son goût immodéré pour les mauvaises idées ainsi qu’un potager, Le poilu décida de lancer le calendrier berrichon avec le nom des ducs où son nom pourrait figurer six mois sur douze dans l’année.

Depuis toujours, le Poilu avait eu de nombreux ennemis, la rançon de la gloire certainement. C’est ainsi qu’il put distribuer quelques heures de gloire à ses adversaires lors de joutes verbales avec le non moins connu Jelubir, Sancerrois et grand consommateur de bubulles devant l’éternel, peut-être un peu trop d’ailleurs. Et une fois n’est pas coutume, il gagna les élections ducales avec panache (un nouveau fraichement arrivé en Berry selon notre enquête) pour la 243ème fois.

Sa victoire en poche et ayant toujours eu un fort penchant pour la gente féminine, le Poilu se mît alors à la conquête d’une compagne (ayant même dans l’idée de se faire construire une tour pour y faire installer un harem), aguichant les jeunes damoiselles en taverne, celles-ci ne pouvant résister à son charme viril…

Dernièrement et pour conclure sa fabuleuse histoire, lors de la coupe royale équestre, il sauta sur l’occasion de se venger de son ennemi Jelubir (d’où l’importance des traumatismes durant l’enfance qui perdurent lorsque l’on est adulte, ici la vengeance), alors que le sieur Jelubir arriva en second, il choisit de sélectionner la dame arrivée troisième et présente sur le podium, souhaitant peut-être la séduire ainsi que la première…

Toujours est-il qu’aujourd’hui, GeorgePoilu continue de guider les berrichons vers l’infini et au-delà tel l’éclair car c’est quand on est au bord du gouffre, que de tels hommes nous font faire un grand pas en avant…